Le sondage urinaire est le geste qui consiste à évacuer l’urine en introduisant une
petite sonde par l’urètre jusque dans la vessie. Cette sonde permet à la vessie de se
vider complètement. Une fois la vessie vide, la sonde est retirée.
« Auto sondage » signifie que vous réalisez vous-même ce geste simple.
« Intermittent » signifie que vous le répétez vous-même à intervalles réguliers selon
les indications de votre médecin
C’est aujourd’hui la méthode de référence, unanimement recommandée par les
experts de la communauté médicale dans le traitement de la rétention urinaire,
quelque soit son origine (urologique, gynécologique, neurologique, iatrogène ou
psychogène).

Pourquoi faut-il s’autosonder ?

L’objectif des auto sondages est de vider correctement et totalement votre vessie.
Le fonctionnement de votre vessie a été évalué à travers différents examens que
votre médecin vous a fait pratiquer (notamment un bilan urodynamique). Si vous ne
videz pas votre vessie dans sa totalité ou bien si votre vessie est obligée de trop
travailler pour se vider, il existe des risques importants d’infections urinaires,
d’altération rénale voire d’insuffisance rénale.
L’autosondage est une technique déjà ancienne, qui a été développée dans les
années 1970 par un urologue américain Pr Lapides, afin d’éviter le port d’une sonde
à demeure. Il partait du concept que la fréquence des sondages était plus importante
que leur stérilité. Initialement, elle était utilisée pour les patients paraplégiques à la
phase aiguë de leur accident et dont la vessie ne se contractait pas. Cette technique
a grandement amélioré la qualité de vie et les complications urinaires de ces
patients. Progressivement les indications se sont élargies, et désormais cette
technique est utilisée comme mode de drainage à long terme dans toute rétention
urinaire quel que soit son origine : maladies urologiques, affections neurologiques,
enfants, personnes âgées.
Sa facilité de réalisation, le recul important et de nombreuses publications ont montré
que la pratique pluriquotidienne de l’auto-sondage intermittent permet de diminuer
les complications infectieuses de la rétention urinaire et de protéger le haut appareil
urinaire.

Dans quelles indications se sonde t’on ?

Aujourd’hui, Il y a plusieurs indications à l’auto sondage :

L’auto-sondage offre donc une véritable autonomie mictionnelle. L’acceptabilité totale
et la compréhension de la technique sont un préalable indispensable avant de poser
l’indication des autosondages

Comment apprend-on les auto sondages ?

La technique de l’auto-sondage est simple, mais doit être rigoureuse.
L’apprentissage ne nécessite que quelques heures.
L’éducation thérapeutique à l’auto sondage doit être effectué par du personnel formé
à ce type de traitement. L’apprentissage peut se faire en hospitalisation ou à domicile
après une prescription médicale.
Au cours de cette éducation thérapeutique, vous apprendrez l’anatomie de votre
périnée, le repérage du méat urinaire et la technique du sondage. Vous apprendrez à
vous sonder en position assise et /ou en position couchée afin que vous puissiez
vous sonder n’importe où, même en dehors de chez vous : dans des toilettes
publiques, au travail, chez des amis. Le geste ne nécessite pas de gants et ne se fait
pas de façon stérile. On parle d’un geste propre après lavage des mains à l’eau et au
savon. La toilette périnéale est non stérile, à l’eau et au savon ou avec des lingettes
sans alcool. L’utilisation d’antiseptique n’est pas recommandée, agressive pour les
muqueuses et ne réduisant pas les infections urinaires.
Vous essayerez plusieurs types de sondes afin de trouver celle qui vous convient le
mieux. La fréquence du sondage est variable selon le trouble urinaire, le risque rénal
éventuel, mais peut souvent être réalisés jusqu’à 4 à 6 fois par jour. Il est
recommandé de boire suffisamment (au moins 1,5 l par jour) en effectuant des
sondages réguliers pour limiter le risque d’infections
La technique des auto-sondages s’apprend facilement et est indolore grâce à
l’évolution des matériaux. Il s’agit d’un matériel à usage unique, discret, et adaptable
à différentes conditions physiques, sociales ou environnementales. Le but est que
vous sachiez vous sonder seul, dans n’importe quel endroit.

Quels sont les risques des auto sondages ?

L’infection urinaire
C’est la crainte de tous les patients qui apprennent les sondages… et pourtant, le
risque de faire une infection urinaire est bien moindre que si vous restez avec une
rétention urinaire chronique.
Le fait d’avoir une vessie qui ne se vide pas bien expose automatiquement à une
plus grande concentration de bactéries dans votre vessie par rapport aux personnes
qui ont une vessie qui se vide normalement. Cette présence de bactéries vous
expose, plus que la population normale, à faire des infections urinaires (avec des
symptômes ou de la fièvre).
Le fait de vider régulièrement la vessie par un auto-sondage permet d’éviter la
multiplication bactérienne endovésicale et il a été largement démontré que la
fréquence des auto-sondages diminue la fréquence des infections urinaires. Les
auto-sondages permettent de faire en sorte que ces épisodes d’infections urinaires
graves soient considérablement diminués.
En revanche, le fait de faire un auto-sondage ramène de façon naturelle et
physiologique des germes dans la vessie. On parle alors de colonisation
bactérienne. Dans la grande majorité des cas, cette colonisation bactérienne n’est
pas perçue par le patient et n’est pas gênante dans la vie quotidienne. Il n’est pas
nécessaire de traiter cette colonisation si vous vous sondez régulièrement, car ces
germes n’auront pas le temps de se multiplier et ne provoqueront pas de symptômes
cliniques d’infection urinaire. Il n’est donc pas nécessaire de faire un examen
d’urines de façon systématique s’il n’y a pas de signes d’infection urinaire.
La constatation d’un examen cytobactériologique des urines (ECBU) « positif » isolé,
sans signe de gravité (urines malodorantes) cède la plupart du temps à la simple
augmentation du volume des boissons et du nombre de sondages. Point n’est
besoin dans la majorité des cas de stériliser les urines par des antibiotiques qui
souvent ne ferait que sélectionner des germes plus virulents.
A l’inverse, la constatation de signe associé (douleur vésicale, sang dans les urines,
majoration des fuites urinaires ou des envies urgentes, fatigue brutale, et tout
particulièrement une fièvre) doit impérativement conduire à un avis médical et un
examen cytobactériologique des urinaire pour rechercher une infection de la
prostate, des testicules ou des reins, conduisant à la prescription d’antibiotiques
Le succès des auto-sondages quant à la prévention des infections urinaires et des
complications sur le haut appareil s’appuie sur la fréquence des sondages et un
apport hydrique moyen de 1,5 à 2 litres.

Les lésions urétrales
Le sondage peut parfois être difficile chez l’homme s’il existe un obstacle urétral
(contraction du sphincter, grosse prostate) et peut parfois provoquer des lésions du
canal urétrale. Cependant, grâce au développement de sondes mieux lubrifiés avec
des embouts spécifiques, ces complications sont rares.
Elles sont observées entre 3% et 5% des hommes, et sont exceptionnelles chez la
femme. Il s’agit le plus souvent de sténoses de l’urètre (rétrécissement du canal
urétral) ou de plaies de la paroi (fausse route urétrale).

Elles se révèlent par des difficultés au sondage, une sensation de butée, de passage
difficile ou encore par une urétrorragie (sang autour de la sonde) devant faire
consulter votre médecin. Une technique douce, non traumatique, une introduction
progressive et sans violence du cathéter, qui sera adapté à votre morphologie
urétrale permet d’éviter ce type de complication.

Quelles sont les contre-indications à l’auto-sondage ?

Les contre-indications aux auto-sondages sont essentiellement urétrales : sténoses
urétrales serrées, anomalies urétrales acquises ou congénitales. Quand le patient a
un sphincter artificiel, l’avis du chirurgien qui a implanté la prothèse est nécessaire
pour la pratique de l’auto-sondage. Enfin, une infection aigüe de l’appareil uro-génital
masculin (urétrite, orchite, épididymite, prostatite) peut être une contre-indication
temporaire.

Conclusion

L’auto-sondage est la méthode de référence de drainage des urines. Il permet
d’obtenir à la fois une continence urinaire et une protection optimum du haut appareil
urinaire. Le succès des auto-sondages repose sur la facilité de réalisation du geste,
son caractère indolore et sur la fréquence des sondages. Son apprentissage est
rapide et le rapport bénéfices/risques est largement en faveur de son utilisation

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